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Un TCAS s'affole en pleine nuit

L'an dernier au dessus de Cleveland (USA), en pleine nuit j'ai été tiré de mes songes par une alarme TCAS "Traffic!, traffic!" suivie immédiatement de "Climb!, Climb!"... j'ai tiré sur le manche, ça a déconnecté le PA (normalement on le deconnecte avant mais j'étais pressé... ;-) ) et l'avion est passé du FL350 au 370... un 727 nous est passé dessous, j'ai vu ses feux de position quelques dizaines de pied sous le 340... En fait, le contrôleur s'était planté et on avait un avion même route face à face, même niveau... Ben c'est l'exception qui confirme la règle, mais ça arrive, la preuve.
Le pauvre contrôleur s'est confondu en excuses, je me demande si il dort bien encore en y repensant...

 
Les histoires de Jacques - Un peu d'archéologie aérienne

A bord de mon DR 400 préféré (oui, celui qui arrondi si bien, même qu'on entend l'herbe frétiller sous les roues avant de kisser la earth), j'ai toujours mon Gps allumé et si sa bouge lentement, vlan, plus ou moins 5° selon sens, conservateur calé sur la boule non corrigée. Comme si je navigais à 2 ou 3 degrés près, moi ! ***

Tiens je vois des cheveux se mettre au garde-à-vous ! Pas chien, je passe à 5 de plus si ça ne suffit pas. En un ou deux ajustements, c'est bon et sans calculs. Dautant plus que je viens juste d'apercevoir à ce moment-là quelque trucs intéressants, au sol et que je vais engager des spirales afin de trouver les bons angles pour mes photos. Oh, mais y en a d'autres un peu plus loin...et c'est reparti ! Inutile de vous dire que le gars, demi-heure plus tard, il a plus la moindre idée du tout d'où qu'il est...
RAB, ADL, oui, en gros à 10 ou 20 bornes dans le N-O de Saintes (et oui, comme je fonctionne à l'IGN 1/50000e pour ces prospections, je marche avec les kilomètres Lambert) Alors, Pons sur le GPS, et vent du cul, après avoir écorniflé la zone de Cognac (y sont au mess, à c't'heure-là, les chevaliers du ciel), je suis juste à l'heure pour la soupe. C'est chouette l'aviation, vous savez...

*** Dans les années 65-70, j'avais créé un centre de formation à la radionavigation, à Saint-Cyr (le terrain, pas l'Ecole). On calculait beaucoup. On allait jamais pisser sans avoir cunuté l'angle au vent !
Pour entrainer les gus à l'international, on allait se poser à Jersey. C'était le bon temps.

Tiens une autre histoire (vraie) : passant un jours près d'une zone réservée à l'entrainement militaire, je me suis retrouvé au milieu d'un cirque d'Epsilon qui me frisaient les moustache à chaques instants. Il en sortait de partout... Un vrai nid de frelons...
Pas content, je leur téléphone, parle d'airmiss, et je vais à la base. J'ai pu leur montrer la cartographie de l'enregistrement GPS de ce vol. On est devenu des potes.
Le colon de la BA ... et son staff m'ont invité à leur faire une conf sur l'archéologie aérienne et même proposé de me faire quelques missions photos...
Gueuleton, Dom Pérignon bien sabré, et je me suis retrouvé membre d'honneur des Epsilon ! Pas de doute, les militaires savent encore vivre !

Bon, où en étais-t-on ? Allez, bon courage à tous et gardez bien le cap !

 
Les histoires de Jacques - Mes Avions

La pétoche que j'avais quand il a fallu apprendre à lancer à la main un Stampe resté l'hiver une semaine au froid et à l'humidité des hangars de Saint-Cyr, il y a plus de cinquante ans... La pédagogie de cette époque était assez sommaire : "Faites comme moi...". D'où ces premiers atterros foireux...

Dans ce fil, les privés sont assez faiblement représentés. Et pourtant, ils sont plus nombreux que les pros... En feuilletant mes carnets de vol, il y a beaucoup de pièges qui font rappellent bien des souvenirs...

Si les avions militaires ou commerciaux font rêver, je préfère n'évoquer que ceux dans lesquels j'ai eu l'occasion de poser mon postère, ne fusse qu'en sac de sable ou en pax officiel et lambda.

Alors, les pouces vers l'extérieur, allons-y, c'est parti !

- Le Stampe de mes débuts. Ah, combien il a pu me faire mouiller de chemises, quelques années plus tard, dans les Stampes à verrière de Challes.

- La série des NC 85. où il fallait effectivement trouver quelqu'un qui veuille bien vous lancer, lors d'une escale. Je m'étais bricolé ma porte à moi, sans plexi, pour faire (déjà) de la photo ! L'échange était très rapide. (Oui, sans porte, ça marche aussi, mais j'ai le vertige...)

- Je passe sur la période Fournier, du RF 3 au RF 6. Bien agréable.

- Il y eut aussi le Super 4 de Wassmer, le GY 20 de Gardan (Ah, celui-là, qu'est-ce que j'ai pu pester contre sa commande de train, surtout lors de la qualif VFR nuit, à Toussus en... Houla, que c'est loin, c'était une des toutes premières autorisées par une nouvelle réglementation.

- Un piège que bien peu d'entre-vous doivent connaître : le De Haviland "Puth-Moth", 120 cv (enfin, officiellement, sur sa fiche, car il devait en rester bien peu !). C'était l'avion du record Londres-Le Cap de Miss Ami Johnson qui l'avait revendu ensuite au Duc de Windsor... Un triplace en tandem, entièrement garni cuir... Oui, vous avez bien lu ! Il bouffait à peu près autant d'huile que d'essence et c'était les carénages des jambes de train qui, en pivotant, jouaient le rôle d'aérofreins !

- Tous les petits Jodels D112...etc qui permettaient de voler pas cher.
- La grande famille des Jodel, puis Robin tri-quadri qui ouvrirent les portes du voyage à tant d'entre-nous. Ça allait de l'Ambassadeur au D 140 Mousquetaire, puis du DR 300 au DR 400-180 Régent.

- Beaucoup volé également sur le Ryan-Navion (188 cv, hélas, pas sur le 300 cv...) ainsi que sur un Heinz HR 100.
- Cessna aussi, le 172, avec lequel j'ai fait le Tour d'Europe (4ème, mais 1er des 26 équipages français, ah mais (:-o)))

C'était ma période rallyes, avec la valse des terrains d'autre part, dont les noms font rêver, au bar du club : de Bruxelles à Jersey, à Biggin-Hill (Oui, le vrai, le mythique...), à Milan, Venise-Lido ou encore à Madrid-Barajas et à Quatro-Vientos. L'Afrique, avec Tanger, Fez, Marrakech, Colomb-Béchar. Plus près : Valencia et Barcelonne ou Munchengladbach, Luxembourg, Rome-Urbe, Amsterdam-Schiphol etc.

Ma carrière professionnelle (dans les radars) m'amenant à pas mal voyager, surtout chez les militaires, j'ai eu l'opportunité de tâter un peu des commandes d'un C 130, d'un Gruman G II (les boucles de l'Ogoué, à (très, très) basse altitude, le bout de la plume frôlant la flotte... et moi, debout derrière le pilote, mort de trouille et me cramponnant désespérément (et oui, la boucle suivante est forcément dans l'autre sens {ou alors, ça n'aurait pas de sens...})

Il m'est arrivé de ramener en vfr on top un G 28, réacteur commercial, dont le Cdt (une connaissance) m'a laissé complètement tomber dès que l'on a émergé de la couche, au départ de Franceville. Ce fut une ballade royale entre les tours de fantastiques cunimbs jusqu'à l'arrivée près de Libreville. Là, il est revenu pour la percée et l'atterro.

Un autre copain m'a fait ce coup en rentrant de Béchar : le vent de sable arrivait et les deux gus pilotaient tous les deux le Dassault 315, jambes droites tétanisées sur le palonnier pour rester sur la piste ! On y est resté, sur la piste, heureusement. Emergeant du vent de sable vers 800 ou 1000 m, il m'a installé en copi, puis m'a montré la route en me demandant de l'appeler à l'entrée de la zone d'Istres... Et il s'est taillé dans la cabine avec les VIP. C'est fou ce que l'on peut mouiller comme chemise dans l'aviation...
Mais c'est pas fini.... La base avait arrangé une réception grandiose pour ces VIP. Et ce farceur, au moment des toasts, interpelle le grand chaouch de la Thomson (qui venait de remercier très civilement le Commandant de bord pour la qualité de son vol) en lui disant "Mais ce n'ai pas moi qui vous ait piloté, c'est un ingénieur de chez vous...", tout en me montrant du doigt ! Tête de mon PDG... qui a tout de même pris la chose du bon coté.
Au Gabon, encore, j'ai réellement joué les Dieuleveut avec le Super-Frelon de la Présidence, ordonnant la mission et me faisant poser partout ou c'était techniquement utile ou nécessaire à mon travail.

D'autres terrains, où simple pax, j'ai eu bien des frayeurs : Saint Paul de Luanda, en Angola. C'était sur un 707 intercontinental, bourré jusqu'à la gueule, Il faisait 30 ou 32° et on baignait dans une humidité lourde.
Déclenchement du chrono au lâchage des freins. "45 secondes, tiens il est un peu long ce soir" (il faisait une nuit d'encre), 50, 55 secondes... la minute passe et on roule toujours à la vitesse d'un train de banlieue (me semble-t-il) Il a dû faire sa rotation vers 1' 10-1'20. J'ai mis un bon moment à décoincer la boule dans ma gorge...

Mon préféré : à Lagos, au Nigéria, j'ai pu louer un Cessna 421 (aux frais de ma boîte bien sûr) et le gus m'a passé les commandes et briffé tout au long du voyage vers la base militaire de Makurdi.
Mon préféré (mais pas dans le même sens), toujours à Lagos, en pax : une hotesse m'emmene à pied vers un CD 10 dont l'échelle était entourée de locaux qui voulaient absolument embarquer. Le Cdt était en haut de la passerelle, une grande matraque à la main. Il est venu me chercher à coup de matraque sur la foule. J'ai dû me frayer un passage au milieu de ce cirque. Il y avait du sang sur les chemises blanches... Ce Cdt était égyptien.... Suite de l'histoire : au Caire, ils m'ont foutu manu militari en tole, pendant 26 heures, sans boire ni manger, pour une histoire de choléra ! Et pendant ce temps-là, j'avais une suite réservée au Méridien et mon billet pour le Son de Lumières des Pyramides... que je n'ai aperçues qu'en repartant avec Air-France. Tête des pax qui m'ont vu ramené toujours manu militari jusqu'au pied de la passerelle...

LE préféré absolu : Rio-Dakar-Paris, en Concorde, avec visite au cockpit.

C'était un court survol des petites (mes)aventures d'un pilote privé toujours en activité. Ne m'en veuillez pas de ce fil un peu long, mais il a fait ressurgir de bien agréables souvenirs en l'écrivant.

 
 
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